Site officiel du film Casa Nostra (2012) de Nathan Nicholovitch
Les films aux dos tournés, Aramis films, Casanostra productions

Entrer | Sitemap | loop"
CASA NOSTRA - Portrait : Hélène
HELENE
Nom : Grassi née Scappini / Prénom : Hélène / Age : 34 ans / Lieu de Naissance : Auvers sur Oise / Lieu de résidence : Rome / Morphologie : Elle est maigre, son corps tendu. Son visage est sec, marqué et triste. Des cheveux longs et noirs, des yeux sombres / Démarche : Rigide et droite / Handicap : Allergies / Signes distinctifs : Une voix grave (fume des brunes) / Caractère : Introvertie, silencieuse, maniaque (femme pratique, organisée, directive) / Peu d’états d’âme en apparence, elle semble indifférente au reste du monde.
Un soir - je me souviens, j’étais couchée, j’étais seule. J’avais passé la journée avec Aminta Grassi, ma belle mère. Une femme solide, plaintive et grossière. Elle avait passé son après-midi à me parler de son fils tout en regardant par terre. Nous étions mariés depuis trois ans et nos disputes étaient incessantes, déjà pleines de regrets, de ressentiments. Je me renfermais chaque jour un peu plus - il le payait au lit : je ne voulais plus. J’éprouvais une violente répulsion dès les premières caresses, j’aurais voulu le frapper. Enfin ce soir là, une trêve nous était permise - il était en déplacement.

Aminta finit par rentrer chez elle et je me suis couchée. J’avais le sentiment d’être très seule, pas seulement dans le lit mais partout - dans cette maison, à cet instant, en Italie et ici sur terre. Et j’ai pensé à maman, à mon frère et ma soeur, à la maison... Je me suis rendu compte de l’ampleur des choses et des dégâts - de ce que j’avais créé, de toute cette méprise. J’ai compris que je faisais fausse route, que je ne pouvais pas me soumettre à cette vie, ni aux exigences stupides de cet homme et encore moins à celles de sa mère. J’ai réalisé qu’il fallait partir, qu’il fallait faire le mal autour de moi et que tout serait possible ensuite. Il suffisait que je me lève, que j’ouvre la porte et que je m’en aille. J’ai décroché le téléphone et j’ai appelé la maison. J’étais heureuse.

J’ai laissé sonner, il était tard, personne n’a répondu. J’ai voulu rappeler encore et j’ai recomposé le numéro. Au bout de quelques sonneries, j’ai entendu la voix de maman. Au même moment Ana s’est mise à pleurer dans la chambre d’à côté - j’ai paniqué. Je ne voulais pas que maman l’entende pleurer... J’ai plaqué l’écouteur contre moi en espérant que ses pleurs cessent. Le chagrin de ma fille a redoublé, elle s’est mise à hurler - j’ai raccroché. Je suis allée dans sa chambre et je l’ai prise dans mes bras. Nous nous sommes regardées longtemps - nous nous sommes calmées. J’ai respiré son odeur. Et j’ai repris conscience de sa vie, de toute ma responsabilité. Je ne pouvais pas faire semblant - je ne pouvais pas faire comme si son père n’existait pas, ou comme si elle n’en avait pas besoin... Ni agir comme si mon intérêt personnel passait avant elle. Je l’ai prise avec moi et nous nous sommes endormies toutes les deux.

Le lendemain tout allait mieux... comment dire ? À partir de ce moment, je me suis décidée à ne plus ressentir cette mauvaise conscience et je ne l’ai plus ressentie. J’ai décidé d’ignorer son égocentrisme, sa naïveté et son inaptitude pour la vie, pour les autres, pour leurs sentiments. Quand on veut quelque chose, il faut prendre ce qu’il y a avec. Voilà. J’ai décrété que notre vie était réussie. Je m’habitue à ses colères, il s’accommode de ma haine. Nous sommes grossièrement ce qu’on appelle un couple heureux.