Site officiel du film Casa Nostra (2012) de Nathan Nicholovitch
Les films aux dos tournés, Aramis films, Casanostra productions

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CASA NOSTRA - Critiques Presse CCAS
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23.01.2013 - Samy Archimède
LIEN / http://journal.ccas.fr

« La seule chose qui me pousse à aller au bout, c’est le collectif »

Nathan Nicholovitch présentait lundi 21 janvier à Angers son premier long métrage, soutenu par l’Acid (1). Entièrement autoproduit, Casa Nostra (résumé ci-dessous), a été projeté l’an dernier à Cannes puis au centre de vacances CCAS du Brusc (festival Ciné-Rebonds). Rencontre avec un jeune réalisateur (36 ans) pour qui l’engagement dans un collectif n’est pas une simple formule.

Est-ce important pour un réalisateur qui présente son premier film de pouvoir rencontrer le public dans des festivals ?

Que ce soit à Cannes, au Brusc, à Angers ou ailleurs, c’est plus qu’important. On a envie de savoir ce que le film a provoqué chez les gens, comment il a été reçu. Moi je fais des films parce que j’ai « rencontré » des films. Il y en a qui m’ont « pété à la gueule », qui ont changé mon regard sur la vie, mon rapport aux gens et aux choses. Quand les gens restent après la séance pour en discuter avec moi, on le partage.

Quel rôle l’Acid, partenaire de la CCAS, a-t-il joué pour vous ?

Un rôle fondamental. Avant que le film soit sélectionné pour Cannes (sélection ACID), on travaillait dans notre coin. L’ACID met un vrai coup de projecteur sur les œuvres qu’elle soutient. C’est une aide précieuse pour des films comme Casa Nostra qui peuvent ainsi être montrés au public mais aussi aux professionnels du cinéma. Le réseau ACID nous a permis de trouver notre distributeur, Aramis film. Grégory Tilhac, directeur de la programmation d’Aramis, a eu un coup de cœur pour notre film. L’ACID permet ensuite d’utiliser tout un réseau de salles en France et de prolonger la vie du film pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois.

Votre film a été entièrement autoproduit, sans aide du CNC (2), c’est bien cela ?

Oui, nous n’avons pas obtenu l’aide du CNC avant réalisation. Nous saurons le mois prochain si l’aide après réalisation va nous être accordée. A ce jour, nous n’avons toujours pas bouclé notre budget. Il faut encore qu’on trouve de l’argent. S’il y a des gens qui veulent aujourd’hui nous aider, ils sont les bienvenus.

Ce film a été réalisé au sein d’un collectif que vous avez vous-même monté. Pouvez-vous nous en parler ?

Ce collectif constitué de techniciens, de comédiens, etc., s’appelle Les films aux dos tournés. Il a été créé bien avant Casa Nostra. L’idée, c’était d’essayer de « faire école », c’est-à-dire d’apprendre notre métier, de nous former nous-mêmes. J’étais entouré de gens qui avaient une énorme envie de faire des choses, mais qui ne savaient pas forcément comment s’y prendre ni où s’adresser. Des gens qui, comme moi, n’avaient pas fait d’école de cinéma. Plutôt que de se prendre des portes en permanence et de ne pas pouvoir agir, nous nous sommes réunis et avec nos petits moyens, nous avons commencé à monter des projets de films.

Le tournage de Casa Nostra a débuté en 2005 et s’est achevé en 2012. Avez-vous un emploi à côté de votre activité de réalisateur ?

Oui, j’ai une formation de graphiste et je travaille pas mal dans ce domaine en freelance, mais pas à plein temps car produire et réaliser un film demandent beaucoup de temps ! Comme bon nombre d’autres jeunes réalisateurs, j’ai un peu l’impression d’avoir deux vies.

Vous n’auriez donc pas pu faire ce film sans travailler à côté ?

Effectivement, ça aurait été impossible. Il y a la vie où il faut manger et payer son loyer. Mais l’essentiel pour moi c’est d’être dans un projet qui demande de la passion, de l’exigence et qui permet de se réaliser. Un projet où il n’y a pas d’argent à gagner mais où il y a du sens et qui demande un vrai engagement. J’ai emmené des gens sur la route sans savoir si on allait pouvoir finir le film. Avec ce doute-là, la seule chose qui pousse à aller au bout, c’est le collectif.

Les acteurs aux cachets mirobolants dont on parle beaucoup ces jours-ci sont donc un peu l’arbre qui cache la forêt. Une forêt où l’on trouve des passionnés qui produisent des films de qualité avec les moyens du bord…

Même si nous disposons de petits moyens, il y a toujours dans notre équipe une grande exigence de qualité, une volonté d’être dans un geste de cinéma. Encore une fois, c’est le collectif qui rend tout cela possible.

Cette pénurie de moyens et la prédominance du collectif représentent-elles en quelque sorte le prix de l’indépendance ?

Probablement. Le projet a pâti à beaucoup d’égards du manque d’argent mais il en a en même temps bénéficié. On a eu une vraie liberté de faire les choses comme on le voulait. C’est aussi une très grosse satisfaction d’arriver à faire des choses avec ce qu’on a. Le film s’est fabriqué un peu comme ça : chacun a amené ce qu’il pouvait (technique, savoir, disponibilité, etc.). C’est très jouissif car on se donne ainsi des moyens qui n’existeraient pas si on ne s’était pas réunis.

Que peut-on vous souhaiter pour cette année ?

Que Casa Nostra fasse sa route, que les gens le
voient et soient touchés par le film. C’est un film atypique mais il
traite de la famille et ça nous concerne tous.

(1) Association du cinéma indépendant pour sa diffusion
(2) Centre national du cinéma et de l’image animée

LIEN / http://journal.ccas.fr